LES ACTES et mentions INSOLITES DES REGISTRES D’ETAT CIVIL
    
 

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Il n'est pas rare de trouver des mentions relatives aux excès climatiques dans les registres paroissiaux.
Mais 6 années consécutives de détails climatiques et économiques sont assez remarquables pour cette petite commune du Puy-de-Dôme : Condat -en-Combrailles.
Le curé Sersiron écrivit, dans ses registres des années 1764 à 1769 , des commentaires sur la météo, sur la production agricole et vinicole et sur le prix des denrées.
Nous pouvons grâce à ces écrits faire un tableau du temps qu'il fit et de son influence sur les récoltes et sur le prix des denrées.
Le prix est exprimé en livres (livre tournois) ou en sols (1 livre=20 sols) .
Si l'on se réfère à la source ci-après, 1 livre tournois équivaudrait à 15 euros de 2002.
(Voir : "livre tournois")

 

date

temps

récolte

prix


1764

 
grêle et  gelées
   
juin 1765   pluies continuelles 1765: baisse de moitié de la production de bled  
15 décembre 1765 au 13 janvier 1766
21 décembre 1765 au 6 janvier 1766

1er au 3 février 1766
3 février au soir jusqu'au 6 février 1766
12 février au 16 février 1766
19 février à fin février 1766
1er mars 1766
dans la nuit du 2 au 3 mars
Juillet à novembre 1766
  fortes gelées
neige continue (1/2 pied )

beau temps
forte chute de neige (2 pieds)
dégel
bise et  froid
beau temps
fortes pluies
grande sécheresse
1766: mauvaise récolte
peu de vin
gel des arbres fruitiers
septembre 1766: le pot de vin est à 40 sols
noël 1766 : 50 sols

avant la moisson 1766:
10 livres le septier de bled seigle
après la moisson : 15 livres
à Noël : 16 livres
du 12 au 18 avril 1767 (Semaine Sainte)
19 et 20 avril 1767 (Pâques)
  fortes gelées
neige en grande quantité
1767 "très stérile en vin, bleds et seigle"  

1767 : 16 livres le septier de bled seigle
avant la moisson 1767 :
18 livres

Le vieux vin avant vendanges à 5 livres le pot
le vin nouveau à 3 livres et 10 sols jusqu'à 4 livres le pot

 

 

mai 1768
8 septembre 1768 à la fin octobre

 

  gelées
pluies abondantes
1768" abondante en tout excepté en fruits" 1768 : 8 livres le septier de bled seigle
le vin nouveau : 40 sols le pot

mai-juin 1769
7 octobre 1769 au 20 octobre

  

 

pluies et gelées tardives
neige et gelée "il gela à glace" 

 

1769 : récolte "très modique si on en excepte les fruits qui furent en abondance"
La vigne subit quelques préjudices.
avant la moisson 1769:
14 livres le septier de bled seigle 
 

 

 


1764 :
" La gelée & la grêle causeront un grand domage
dans la paroisse et dans plusieurs autres du voisinage en cette
année 1764 "

 

Eté 1765:
"En ladite année 1765, les pluies continuelles
qui tomberent dans le mois de juin lors de la
fleurison des bleds endommagerent considerablement
la recolte tant dans cette paroisse que dans les
voisines ensorte qu'on ne ramassa que la moitié des
grains des autres années"


Hiver 1765-1766 :
"En la susdite années 1765, il commença à geler
fortement le 15 decembre , 3e dimanche de lavent.
Le froid fut tel quil gelait dans toutes les maisons,
meme dans les meilleures caves, ensorte qu'on etoit d'obligation
de partager le pain a coups de coignée, cette gelée
qui alloit toujours en augmentant, dura jusques
au 13e janvier 1766, qui etoit un lundi,
jour auquel elle commença a diminuer parceque ce jour
la le grand vent conmmença a souffler, mais le
grand vent ayant cessé sur le soir de souffler
nous eprouvames le lendemain à peu près le meme
froid, heureusement la terre etoit couverte de
neige depuis le 21e Decembre audit an 1765,
qui etoit le Samedi des quatre tems, en meme tems
la fête de St Thomas Apotre, jour auquel il
commença de neiger & cela sans discontinuer
jusqu'au jour des roix 1766.
Le tout se mit au beau le 1er fevrier 1766
qui etoit un samedi, jour auquel le grand vent
commença a souffler, et continua ainsi jusques
au lundi suivant 3e fevrier, Mais ayant cessé
sur le soir, il neigea tellement par le vent de
bise que le jeudi 6e dudit mois de fevrier il
y avoit comunement partout deux bons pieds
de neige, Auparavant il n'y en avoit qu'un demi
pied ... Le degele commença le douze dudit mois
de fevrier qui etoit le jour des cendres, jour auquel le
grand vent commença a souffler et continua jusques
mardi suivant , 16e fevrier 1766.
La nuit du 19e au 20e du mois de fevrier, le tems changea
et la bise ayant repris le dessus sur le grand vent, nous
retombames dans le froid. Le tems se mit au beau
le 1er Mars 1766 qui étoit un samedi. il plut
considerablement le nuit du dimanche au lundi
suivant. "
 

La récolte 1766 :
"La recolte de la présente année 1766 fut tres
mauvaise, cela provient 1° de ce que l'hiver fut
tres rigoureux et encore plus long en comparant le
froid de cette année a celui de 1709. S'il ne fut
pas aussi rude, il dura plus longtems.
2° de ce qu'il plut presque toujours lors de la
fleurison des bleds... Avant moissons ledit bled
seigle ne valait que dix livres le septier, quelques
jours après la récolte on l'achetoit quinze livres.
Vers les fêtes de Noel il se vendoit seize livres
le septier ........
La Recolte du vin ne fut pas plus
abondante. il s'en recueillit tres peu, mais il etoit
bon, il se vendoit quarante sols le pot lors des vendanges,
et cinquante sols vers les fêtes de Noel. Cette
disette provenait 1° des grandes gelées qui regnerent
pendant lhiver, elles furent si considerables qu'en
bien des endroits de la Limagne les arbres fruitiers,
les noyers et meme les chênes dans ce païs se
fendoient, tellement qu'en bien des cantons on
fut dans l'obligation d'arracher des vignes, et
des arbres.
2° il y eut une grande sécheresse, il
ne plut presque pas depuis le mois de juillet
jusques vers la fin novembre 1766. La secheresse
fut aussi cause qu'il n'y eut pas de reguins,
raves, blenoirs etc .
 

1767 :
"Cette année fut tres sterile en vin et
bled seigle. Cette derniere danrée conserva
toujours son prix a raison de 16 livres le septier; il
valut même dix huit livres a la veille des
moissons ... Le vin vieux conserva aussi son
prix jusques a l'ouverture des vendanges qu'il se
vendit communement cinq livres le pot , et
le vin nouveau trois livres dix sols jusques a
quatre livres le pot.
On attribuoit cette disette aux grandes
gelées qui survinrent la semaine sainte,
accompagnées d'une grande quantité de neige qui
tombat pendant les fêtes de paques. "

 

1768 et 1769 :
" Cette année 1768 fut abondante en tout
exepté en fruits, comme abricots, noix etc,
a cause du froid qui survint dans le mois de mai et qui
endomagea les arbres fruitiers, ainsi que la vigne.
Le bled seigle ne valoit que huit livres le septier,
et le vin nouveau quarante sols le pot. L'ariere saison
fut des plus agréables. Les pluies commencerent le
jour de notre dame de septembre et continuerent pendant
le reste de ce mois et du mois d'octobre, tellement qu'on
eut bien de la peine à faire les semailles . La plupart
des paisants aimerent mieux laisser leurs terres en friche,
que de les ensemencer, etant trop mouillées. Cet accident
fut cause en partie que la récolte de l'année suivante
1769 fut tres modique, si on excepte les fruits
qui furent en abondance, comme abricots, cerises,
noix, pommes, poires etc. Je dis en partie, parceque
les pluies qui survinrent dans les mois de mai et juin
1769 ,vu les gelées, contribuerent aussi beaucoup a
endomager les recoltes des froments, bleds seigles etc
qui se trouverent fort claire et peu grenée, ensorte
que la veille de la moisson le septé de bled seigle
se vendoit quatorze livres. La neige et gelés qui
survinrent le sept octobre 1769, causerent un
préjudice notable a la vigne. A cette epoque le
pot de vin vieux fut porté a quatre livres. La
neige siegea toujours, et la gelée dura plus
de quinze jours. il gela a glace ."