LES ACTES et mentions INSOLITES DES REGISTRES D’ETAT CIVIL
    
 

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Voici une page spéciale "mentions insolites uniques !" .  Ces faits sont tellement particuliers qu'ils sont inclassables .
Je les ai rassemblés ici car ils n'en demeurent pas moins passionnants et représentatifs de la vie d'autrefois.

 

Voici la naissance d'un enfant qui ne se doute encore pas de l'ambiance familiale qui règne en son foyer !
Nous sommes à Marcillat-en-Combrailles (Allier) en 1751.
Le petit Antoine vient de naitre " de libertinage" , fils de Jean Bougerol et de sa servante. 
Le curé précise que ledit Jean a chassé "sa femme qui est noble et fort vertueuse aussi bien que sa fille"  .
Notons que le Jean Bougerol et Marthe de Chambaud se marièrent en 1740.
Il avait 26 ans , elle en avait 38  ! Ceci expliquant peut-être cela !
Mais l'histoire ne s'arrête pas là !
La mère de Jean (tout comme le curé ) n'a jamais pu renvoyer la servante "a cause des exécrables menaces qu'il (Jean)  lui  faisoit " !
Malgré la discorde que l'on devine entre Jean et sa mère , celle-ci sera marraine de l'enfant . Aurait-il finalement réconcilié la famille ?

Acte original   ici   Marcillat-en-Combrailles - Bms 1600- 1772 -vue488

 

Merci à Alain Bartoux de m'avoir transmis cet acte !

" Né Antoine Bougerol fils naturel  de Jean Bougerol et d’Anne Gaumet 
sa servante de libertinage de la paroisse de …  
il l’avoit loué estant dans la gabelle et aiant chassé demoiselle 
Marthe de Chambaud de Jonchère sa femme qui est noble et fort 
vertueuse aussi bien que sa fille , est né à Contamine le troisième 
septembre  mil sept cent cinquante et un  et baptisé le dixième 
parrin a été  Antoine Rabonnet beau frère dudit Bougerol 
Marraine Valérie Bougerol mère du susdit Jean qui n’avoit 
jamais peu renvoyer sa malheureuse nont plus que 
nous a cause des exécrables menaces qu’il lui faisoit 
ainsi qu’elle nous la souvent dit et de celles qu’il nous 
fait à nous mesmes. Les parrin et marraine n’ont seut 
signer enquis - Bilet curé   "

 

 Jusqu'en 2004, le délai de viduité , c'est à dire la durée d'interdiction pour une veuve de contracter un nouveau mariage , était fixé à 300 jours . Il s'agissait évidemment  d'être sûr de la paternité d'un éventuel enfant de cette veuve .

Jacques Faure décède le 24 octobre 1719 à St Jean-en-Royans (Drôme) (vue72) .
Sa veuve Catherine Fogier se remarie à Oriol-en-Royans  le 23 janvier 1720 .

Le 15 juillet 1720 nait André Faure fils de feu Jacques Faure et de Catherine Fogier.
 
Sachant qu'une grossesse dure en moyenne 266 jours à partir de la fécondation , nous pouvons supposer que l'enfant a été conçu très peu de temps avant le décès de son père puisque celui-ci est survenu 265 jours avant la naissance !
 

 



Remariage de Catherine Fogier veuve de Jacques Faure
Ad26-Oriol-en-Royans- Vue192


Naissance d'André Faure fils de feu Jacques et de Catherine Fogier
Ad26-Oriol-en-Royans- Vue193
 

Tous les généalogistes auront remarqué l'orthographe différente pour un même patronyme que nous trouvons dans les registres, parfois dans la même paroisse mais à une date différente. A une époque où savoir écrire était rare, les noms de familles se transmettaient oralement et variaient selon le notaire ou le curé qui les écrivait.
La phonétique avait donc un rôle primordial et selon l'accent local, un "ou" pouvait se transformer en "o" et un "et" final en "el" .
Ce fut le cas aussi pour les noms de lieux , comme le montre cet acte :
A Azay-le-Rideau  (Indre) , le curé ne semble pas cette belle région qu'on lui dit être le "PELIGOR" !

 


Ad37 Azay-le-Rideau 1701-1715 vue150

"Le vingtroisieme jour de novembre 1710
a esté inhumé dans le cimetière michel aubry
pauvre passant decede à l'hopital a dit qu'il estoit
du peligor agé de cinquante huict ans ou environs (...) "

 

Le 8 octobre 1672 au village Les Tailles (Houffalize , en Belgique) Jean Smet , fils de Pierre, est baptisé . Suit la description de l'aventure étonnante de cet enfant 3 ans plus tard !

En effet, en avril 1675, l'enfant quittant le domicile de ses parents "fut perdu depuis ledit iour du matin jusq au lendement a trois heurs apres midy" .
Il fut retrouvé indemne malgré "une grande gelée qu'il avoit fait de nuict" ,
"par la grâce de Dieu et le merites de St Antoine de Padoue"

 Et c'est en l'honneur de St Antoine de Padoue que l'enfant portera désormais le prénom de "Jean Anthoine" !

" (...)
Notez que ledit Jean baptizé le 8.8bre 1672 s'egaris
de la maison de son pere le xre iour d'Avril 1675
et fut perdu depuis ledit iour du matin jusq au
lendement a trois heurs apres midy qu'il fut
retrouvé croupissant tout gaillard (nonobstant
une grande gelée qu'il avoit fait de nuict) ...
... par la grâce de Dieu
et le mérites de St Anthoine de Padoue a l'honneur
duquel on promit auparavant de ioindre a son nom
de baptesme celui d'Anthoine"
 

Merci à Georges Houy pour m'avoir transmis cet acte !