LES ACTES et mentions INSOLITES DES REGISTRES D’ETAT CIVIL
    
 

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( Ames sensibles, s'abstenir !! )

Aucune époque ne semble plus imaginative en matière de tortures que le Moyen-âge. "La question ordinaire " et " la question extraordinaire" se composaient de supplices plus ou moins raffinés selon que l'on cherchait à obtenir uniquement des aveux ou bien à mettre à mort le condamné. ( voir ici)

Réservée aux régicides sous l'ancien régime, l'exécution par écartèlement était sans doute l'une des plus cruelles. (description ici )
 


Supplice de l'écartèlement (Damiens ) XVIIIe
Auteur inconnu

Le 5 janvier 1757, Robert François Damiens attaque Louis XV qui sera blessé de plusieurs coups de couteau.
Arrêté, Damiens est condamné à l'écartèlement , exécution atroce qui tournera au cauchemar
même pour le bourreau
puisque les membres du pauvre homme refusèrent de céder !
Notons pour anecdote que le bourreau Simon qui exécuta Damiens est le même qui guillotina Louis XVI
et la reine Marie-Antoinette quelques années plus tard.
Robert François Damiens sera la dernière personne officiellement écartelée en France.
( voir toute l'histoire de Damiens  ici ) ( tout le récit écrit dans un ouvrage de 1757  ici )

Commune de Thorigny-sur-Oreuse (Yonne)- 1757

Merci à Georges Houy qui m'a communiqué cette mention

Sans doute recopiée d'une revue de l'époque , voici la mention que porta
le curé de Thorigny-sur Oreuse dans ses registres , racontant les faits, le procès et l'exécution de Damiens.
 


" Le cinq janv. 1757 le Roi etoitrevenu de Trianon a Versailles pour voir M.Victoire
qui se trouvoit (...) . Comme sa majesté a 5 heures 3 quarts du soir aller monter dans
son carosse pour s'en retourner, un scelerat trouva alors moyen de s approcher de sa M. au milieu
de sa garde, sans etre apperçu. il etoit armé d un couteau a deux lames, dont l une etoit
une lame ordinaire, l autre avoit la forme de canif large de 5 a 6 lignes et longue d environ
quatre pouces . C est avec la dernière lame que ce detestable Paricide frapa le Roi , a deux
pas de Mgr le Dauphin. Le coup porta sur la partie laterale inferieure a un peu
posterieure de la potrine, c est a dire entre la 4e & 5e des côtes inferieure du cote droit
sa direction a été de bas en haut . Le Roi au demeurant crut seulement quil avoit
été frapé d un coup de poing. il sentit ensuite un peu de chaleur et il ne s'appercut
qu'il etoit blesse que par l'effusion de son sang. Ce fut lui qui fit appercevoir et (...)
l'assasin qui se couloit doucement derriere son carosse.
Le Roi remonta couragement apres le coup a son appartement, il demanda son confesseur
et l'extreme onction et fut confessé un moment apres. il fut seigné a 6 heures un quart
et on aretera la seignée 4 heures apres pour plus grande sûreté. Sa Majeste passa
la nuit assez tranquillement . Enfin la blessure qui d'abord avoit fort effrayé n'a eu aucune
suitte facheuse et a été promptement cicatrisée. Sa majesté fut purgée le 9 et se
leva lapres midy en tres bonne santé.
Quant au malheureux assasin il fut arreté sur le champ, & on l amena la nuit du
17 au 18 janvier de versailles a Paris pour être jugé par la Grande Chambre du Parlement
a laquelle sa Majeste a attribué la (...) du procès de ce parricide. il a été
mis a la conciergerie dans la cour de Montgommery, il etoit escorté en entrant a Paris
de 3500 hommes tous la Bayonnette au bout du fusil. il etoit dans une gondole qui
etoit suivie de deux carosses dans l'un des quelles etoit ce prisonnier avec deux gardes.
Cet assasin fut jugé le 26 mars 1757  Les Princes du Sang & les Ducs & Pairs present
& fut condamné a faire amande honorable devant la Principale porte de l église
Metropolitaine, ou il fut conduit nud en chemise dans un tombereau tenant une
torche de cire ardente du poids de deux livres & de la fût mené dans le meme
tombereau à la place de Greve ou sur un echafaut il fût tenaille aux mamelles
aux bras, aux cuisses & aux gras des jambes tenant de la main droite le couteau dont
il a comis son affreux Parricide , on lui brula cette main droitte avec un feu de
souffre & l'on jetta du plomb fondu de lhuile bouillante de la poix raisine
avec de la cire & du du souffre fondus ensemble, il fût ensuitte tiré a quatre
chevaux & ecartellé & ses membres & corps jettés dans un bucher pour y
être consumes par le feu, & ses cendres jettes au vent , ce fut le 28 mars 1757
que se fit cette execution, & et il fût prealablement appliqué à la question
ordinaire & extraordinaire pendant plus de deux heures , on le conduisit a la
Greve sur les deux heures apres midy, il demanda de monter a lhotel de ville
ou il declara qu'il n'avoit ni complot ni complices, ses tourments
ont duré trois heures , il n'est mort quoy que ses deux cuisses et son
bras droit furent separés de son corps que lors que son bras gauche
en a eté separé , ce fût Mr Le Curé de st Paul aidé d un docteur de sorbonne
qui l a exhorté à la mort . Ce scelerat s'appelloit Robert françois
Damiens, il etoit né le 9 janvier 1715 au lieu de Thieulloy en la
Paroisse de Monchi Breton ans L'artois; La maison ou il a reçu le
jour doit etre demolie sans pouvoir a l avenir elever sur le terrein de cette
maison aucun autre bâtiment. il a été aussi ordonne que le pere la
femme & la fille de ce malheureux sortiraient pour jamais du Royaume
sans pouvoir y rentrer sous peine de la vie. & il est enjoint à tous ses freres
& parents qui portent le meme nom, den changer sous peine de la vie. "