LES ACTES et mentions INSOLITES DES REGISTRES D’ETAT CIVIL
    
 

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La sage-femme dans les registres


Autrefois appelée matrone, femme-sage, mère-sage ou accoucheuse, la sage-femme ne recevait aucune formation médicale.
Elle était choisie par les femmes du village et en présence du curé pour sa bonne conduite, sa moralité et sa vie irréprochable.
Toutefois , la sage-femme devait être suffisamment instruite des affaires religieuses pour "ondoyer" dans l'urgence l'enfant en danger de mort . Ce dont ne manquait pas de s'assurer tout évêque en visite dans la paroisse.
Ainsi, à St Germain-près-Herment dans le Puy de Dôme, le rapport de l'évêque en 1783 mentionne:
" On nous a dit que il ni avait ni maitre d'école ni sage femme ni titre et que la personne qui exerçait les fonctions de sage femme était suffisamment instruite et en état d'administrer dans la nativité le sacrement du baptême "      

Au 17e siècle, en France, la seule formation possible des futures sages-femmes était assurée par "l'office des accouchées" de l'Hôtel-Dieu de Paris. Au siècle suivant, les plus hautes instances de l'état et des personnels de santé vont se mobiliser pour stopper "le massacre des innocents" et la barbarie des accouchements.
Une femme sera particulièrement active lors de cette prise de conscience : Madame Du Coudray. Cette auvergnate consacrera sa vie à enseigner à des milliers de sages-femmes dans toute la France, instaurant une approche plus sûre et plus humaine de l'accouchement. Elle créa même une "machine" à partir de mannequins pour mieux enseigner sa "méthode" qui sera reprise par bon nombre d'autres enseignants.
Dorénavant, les sages-femmes devront prêter serment devant le curé en s'engageant à "assister de nuit et de jour, dans leurs couches, les femmes pauvres ou riches" .

Le texte entier du serment peut-être consulté 
ici
La vie de Madame du Coudray   ici      
Un certificat d'accouchement et l'histoire des sages-femmes par les archives départementales de la Manche  ici   

Dans les mentions qui suivent, nous assistons à l'élection d'une sage-femme par les femmes d'une paroisse de Moselle en 1764, puis nous aurons la mention de la prestation de serment et de l'instruction de la nouvelle sage-femme d'une commune de l'Allier en 1786.
 

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Commune de Verneville (Moselle) - 20 mai 1764
Les femmes du village élisent la sage-femme qui doit présenter
une "conduite vraiment chrétienne de bonne vie et de bonne mœurs.
La vie et conduite de laquelle il n'y eut rien à reprocher "

 Anne Noire sera choisie avec 21 voix,
après qu'une de ses "concurrentes" ait essayé de s'attribuer plus de votes !

Merci à Jean-Claude Léonard


"L'an mil sept cens soixante quatre le vingt du mois de may après
avoir invoqué le St Esprit et advertir les femmes de jetter les yeux
sur celle quelles jugeroient la plus capable de remplir la charge de
sage femme sans acception de personne laquelle fut en mesme tems
d'une conduite vraiment chrétienne de bonne vie et de bonne mœurs
a la vie et conduite de laquelle il n y eut rien a reprocher conformement
aux status de Monseigneur lEvesque autant quelles pouroient
en trouver une doué de toutes ces belles qualités apres avoir
colligé toutes les voix et suffrages de celles qui en ont bien voulut
donner dans l'Eglise en presence de tout le peuple assemblé pour
pour assister au st Sacrifice de la messe paroissiale La
nommée anne pion a eu cinque voix anne thiry six et
avant les vepres le mesme jour elle ma declaré en avoir neuf
autres dont cependant trois seulement jay reconnu reelllement
luy en données mais les autres supposées et anne noire
en a eut vingt et une veritablement donné dans l'Eglise et
aux vespres jay encor demandé sil y avoit quelque femme
jeunes ou vieilles qui neussent point données leur voix et qui
jugassoit a propos de la donner a telle quelles voudroient que
je les recevois mais il ne sest presenté personne de sorte
que jay declaré que la ditte anne noire l'emportoit par les
vingt et une voix sur anne thiry avec ses quinze et
parconsequent declaré sage femme en fois de quoy nous
avons signer avec les soussignes "
 

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Commune de St Priest en Murat (Allier)-1786
Jeanne Peynet " a fait le serment entre mes mains suivant la forme prescrite dans le rituel"
Le curé certifie que la dite femme "aquérit un cours dans les accouchements"
et qu'elle reçut "un brevet très favorable"

Merci à Jean-Louis Pernière

 "Serment d'une sage-femme
L'an mil sept cens quatre vingt six et le onze
Aoust jeanne peynet epouse de françois bourdier
vigneron a chaumon a été reçue pour couvrir
loffice de sage-femme , et a fait le serment entre mes mains
suivant la forme prescrite dans le rituel. je certifie
que la susditte peynet a fait dans le mois de mars dernier aquerit
un cours dans les accouchements, elle s'y est signalé et a
remporté un des premiers prix  aussi on lui a donné un
brevet tres favorable en foy de quoi j'ai signé le present acte
Michelon curé "
 

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