LES ACTES et mentions INSOLITES DES REGISTRES D’ETAT CIVIL    
 

retour accueil

Cimetières et lieux de sépulture

Autrefois , les seigneurs et les notables se faisaient enterrer dans les églises, tandis que les pauvres gens se contentaient de la fosse commune ou du cimetière toujours implantés près des églises ou dans l'enceinte des hôpitaux. Pour des raisons sanitaires évidentes, la déclaration du 10 mars 1776 interdit les inhumations dans les églises ou de tout autre bâtiment religieux et à l'intérieur des villes et des hôpitaux. Les nouveaux cimetières se situent désormais extra muros à 35 ou 40 mètres au moins de l'enceinte de la ville.

Avant cette loi , les lieux de sépulture pouvaient être multiples , comme illustré sur cette page.
"le grand cimetière" , "le petit cimetière",  l'église, la chapelle du rosaire, le cloître de l'église, la chapelle de l'hôpital, le cimetière de l'hôpital, le cimetière des pauvres, le cimetière des étrangers, le cimetière de la maladrerie, le cimetière des enfants .

 


 


Vue générale de Verneugheol

Commune de Verneugheol (63) - 1688-89
Cette petite commune du Puy de Dôme , ne possédait pas moins de 3 lieux de sépulture :
L'église, le petit cimetière et le grand cimetière, lieu probablement attribué au défunt selon son statut social.

le petit cimetière

le grand cimetière

dans l'église

Actes extraits du registre de la mairie de Verneugheol-Puy de Dôme

A Billom (63) , les lieux de sépulture étaient tout aussi variés.

la chapelle du rosaire        

le cloitre de l'église         

la chapelle de l'hôpital    

Extrait Ad63 Billom-BMS 1701-1738


Commune de Noyen-sur-Sarthe (72) - 15 janvier 1623- Sépulture de Georges Blecherard

Particulièrement pour les sépultures dans les églises, la description du lieu exacte du corps est très complète : "à droite de l'autel" ou  "à l'entrée face au bénitier".
Mais dans le cas suivant, même l'emplacement de l'épouse du défunt est précisé !
"le lieu de sa sepulture et de ces predecesseurs est devant l'autel St Eloise soubs les troys tombes proches dudit autel, son corps est sous celle du milieu et le corps de feu Jehanne monteil vivante femme dudit Blecherard est sous celle proche la muraille (...) "


Ad72-Noyen-sur-Sarthe-BMS 1580-1637-Vue96


Les hôpitaux des grandes villes, et particulièrement ceux qui possédaient une chapelle, se voyaient attribuer un cimetière par la commune. Une entente se faisait alors avec la paroisse sur le casuel des sépultures payé au curé.
L'hôpital  étant aussi un lieu d'accueil des pauvres et des enfants abandonnés, le cimetière de l'hôpital devient très souvent le cimetière des pauvres comme le montre cet extrait du registre des sépultures de l'hôpital du St Esprit d'Arles en 1742 .
 

Voir sur ce site pour les coûts de sépultures "droits curiaux"

A Queysac-Les-Vignes (19) où il n'y avait probablement pas d'hôpital , le 3 juin 1747, une enfant de père inconnu est enterrée dans le cimetière des pauvres.

Ad19-Queyssac-Les-Vignes BMS 1734-1754-Vue 165

Pour éviter les contagions et parce que ces établissements se situaient assez éloignés des villages, les maladreries possédaient aussi leur cimetière.
En 1641, le curé de la paroisse de Noyen-sur-Sarthe (72) procède à la bénédiction du cimetière de la maladrerie .

"A la requête de quelques particuliers habitans qui avoient leurs parens enterrez dans ce lieu, decedes de peste les annees precedentes et estoient au nombre de douze ou treize"


Ad72 Noyen-sur-Sarthe-BMS 1638-1676-Vue14


Dernière demeure des vagabonds et des inconnus décédés sur la paroisse, le cimetière des étrangers existait dans plusieurs communes.
Le 12 mai 1649 à St Menoux(03), Jeanne Huguet est enterrée "en cette paroisse au cimetiere des etrangers"


 

 

 

Ad03-St Memoux-1643-1674-Vue351

 

Traditionnellement, les défunts avaient le droit d'être enterrés dans la paroisse du lieu de leur décès et ce d'autant plus que leurs ancêtres y reposaient déjà .

Le curé de Verneugheol (63) distingue cependant ceux qui sont nés en dehors de la paroisse par la mention du "droit au tombeau" .
Marie Blanchet , domestique au château Des Aymars reçoit le privilège d'être enterrée dans l'église, ce que le curé mentionne comme une exception que les siens ne pourront pas réclamer pour eux-mêmes.

Elle "a été inhumée dans notre Eglise sans y avoir ny sans lui attribuer pour les siens aucun droit de tombeau"
 
                  

Extrait des registres de la mairie de Verneugheol (Puy de Dôme) - année 1747


Les enfants morts avant de recevoir le baptême n'avaient pas le droit d'être enterrés en terre bénite et étaient exclus du cimetière.
Par contre, les jeunes enfants baptisés et décédés avant l'âge de raison étaient sans nul doute habités par le Saint Esprit et se devaient d'être inhumés dans un endroit particulier du cimetière bien à part des adultes défunts.
C'est ainsi que le 24 septembre 1745, le curé de St Bonnet de Joux (71) enterre une petite fille de 3 ans "au lieu destiné à la sépulture des petits enfants "

 


Ad71- St Bonnet de Joux-BMS 1742-1757-Vue 43